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Roger Sanchez

Label :
Format : CD

Pour tout DJ et tout réalisateur de sous-sol, l’aptitude à se démener, à bousculer et à évoluer constamment ressort souvent comme le facteur le plus sous-estimé et pourtant le plus capital qui détermine ultimement si le protagoniste s’évanouira comme un petit poulet ou réussira à faire sa marque dans le domaine. Cette fougue, cette capacité à l’effort constitue l’incarnation tout aussi bien du DJ d’envergure mondiale Roger Sanchez que de sa carrière monumentale. Depuis les humbles premiers balbutiements à New York, où il creusait dans de poussiéreuses caisses de vieux vinyles et faisait tourner les platines au milieu de fêtes de maison dans les arrondissements Corona et Queens, jusqu’à dominer de vastes planchers de danse et à défrayer les bannières de scènes principales de festival à tous les coins du globe, Roger s’avère entièrement et foncièrement fils de ses œuvres et une légende de la musique house.

Le ciselage de l’art du DJ Roger Sanchez a pris naissance à la fin des années 1980, lorsque encore jeune homme, il se sentait entiché par l’explosion du hip-hop qui prenait la ville d’assaut. Embrassant la culture à titre de garnement et d’artiste de graffitis, il se présentait à des fêtes le long de la rivière Bronx et, avant longtemps, ses amis l’entraînaient à mettre la main à la pâte des roues d’acier. À un endroit et dans une période où le hip-hop, la musique house et le « platinage » venaient en intercollision dans une pure tempête de créativité, d’opportunité et d’accents malades, Roger a saisi l’occasion et s’est mis à bâtir son empire sur les tapis de vinyle et de caoutchouc, en ensemençant avec quelques enregistrements simples, puis en alimentant l’expansion jusqu’à ériger une imposante collection de plus de 2 000 remixages et productions originelles.

En lançant la musique sous une multitude de sobriquets et pseudonymes, y compris Roger S., The S-Man, The Nu-Solution, Underground Solution, DV8, Ego Trip, El Mariachi, Tribal Infusion, The Funkjunkeez, Twilight, et Transatlantic Soul, pour ne nommer que ceux-là, Roger a pu préserver l’essence de sa sonorité, de sa saveur (« sabor ») tout en employant chaque alter ego en qualité d’outil lui permettant d’agrandir le champ d’action sur la base de sons tout frais et expérimentaux. À travers chacune de ses multiples personas musicales, Roger a profité de l’occasion pour défier les courants dominants, voyager jusqu’aux espaces sidéraux de la galaxie musicale, acquérir profondeur, sagesse et perspective chemin faisant, les appliquer à ses projets ultérieurs sous la forme de sonorités de danse innovatrices, et ainsi rester fluide et à la pointe de l’avant-garde du domaine au fil de plusieurs décennies.

Réussir et faire prospérer autant de projets n’aurait jamais été possible sans une éthique de travail solide comme le roc, soit une source de fierté pour Roger. Depuis le tout début, il s’est avéré un fouilleur de caisses dévoué, recherchant des échantillons et des rythmes de Break Beat obscurs dans d’influents magasins de disques de New York tels que Rock & Soul et Vinylmania. Son éthique de travail infaillible, jumelée au solide fondement d’art et de culture qu’il a acquis auprès de la School of Architecture du Pratt Institute, a pris la maîtrise du volant à mesure que sa passion pour la musique a grandi, le conduisant à pousser la vente de cassettes mixtapes sur les trottoirs de Broadway dans le but de financer ses tout premiers engagements. Avec l’encouragement de son père, ingénieur de profession, Roger a abandonné ses projets de carrière en architecture et décidé de concentrer tous ses efforts sur sa musique.

Son premier long-jeu 12 pouces, Dreamworld, publié sous étiquette Outer Limits en 1990 et sous le pseudonyme Egotrip, s’est révélé le point tournant qui a fait passer son point de mire du simple tournage de musique à la combinaison de la réalisation et du tournage de musique. Peu de temps par la suite, il a lancé Luv Dancin’ pour le compte de Gladys Pizarro, sous le sobriquet Underground Solution et sous l’étiquette iconique Strictly Rhythm, ce qui l’a dirigé vers sa première tournée. Roger n’a jamais cessé son labeur depuis, appliquant ses décennies d’expérience à réaliser d’alléchants remixages pour un large éventail d’artistes, y compris Michael Jackson, The Police, Diana Ross, Jamiroquai, Maroon 5 et No Doubt, grâce à qui il a remporté un prix Grammy pour le meilleur enregistrement remixé en 2003 avec la chanson Hella Good.

Toujours motivé par cet esprit d’innovation, Roger était l’un des pionniers à ouvrir la voie de la baladodiffusion, et s’est vu décerner le tout premier Best Podcast Award (prix de la meilleure baladodiffusion) aux International Dance Music Awards en 2007. À présent, il anime Release Yourself, une combinaison d’émission radiophonique et de baladodiffusion hebdomadaire terrestre et en ligne qui met pleins feux non seulement sur ses propres productions et celles de principales figures de proue de la musique house, mais aussi sur des plages et artistes en ascension. Ce jumelage, diffusé à grande échelle dans 30 marchés sur chaque contient, jouit d’une cote d’écoute de plus de 10 millions d’auditeurs aux quatre coins du monde. Comme si cela ne suffisait pas, il crée bon nombre de ses baladodiffusions et mixages sur la route, au milieu d’un calendrier de tournées qui épuiserait même le plus endurci des guerriers des festivals, et quand même encore avec la vivacité, le dynamisme et l’uniformité de quelqu’un qui vient de revenir de vacances.

Avec toute cette énergie et cette motivation, il est seulement logique qu’il se pousserait jusqu’aux limites de la créativité en assemblant une compilation annuelle Release Yourself qui met en évidence ses propres plages, celles d’autres artistes établis, et celles d’artistes en émergence. En outre, il étend davantage son influence en aidant au lancement de musiques de nouveaux artistes sous ses étiquettes et par voie de ses propres studios de réalisation et de production qu’il a personnellement construits. Qui plus est, Roger a dirigé une kyrielle de nouveaux lancements d’enregistrements sous des étiquettes aussi influentes que Strictly Rhythm, One Records et Defected au fil des années. En accord avec son bagage d’expérience si diversifié, il a également fondé plusieurs de ses propres étiquettes, nommément Narcotic, R-Senal et Stealth.

Sa plus récente étiquette, UNDR THE RADR, lancée en 2014 avec sa propre plage Dangerous Thoughts, a aussi vu la collaboration Drop The Needle avec Man Without A Clue et Kevin Knapp. Les collaborations avec Huxley (The Calling) et Tough Love (In The Name Of Love) ont emboîté le pas, en prolongeant le thème d’exploration de nouveaux terrains mis en lumière avec son enregistrement simple Amour sous l’étiquette Snatch de Riva Starr. En plus d’un déluge de musique house sombre et sexy, UNDR THE RADR a également marqué la résurgence de son infâme pseudonyme S-Man.

« S-Man était mon alter ego lorsque je voulais faire de la musique sombre et sexy droit au but strictement pour le plancher de danse, sans aucun égard pour la radio ou quoi que ce soit du genre. Simplement l’expression crue de ce que je sens fonctionne bien pour moi sur le plancher de danse. J’y profite de l’occasion de m’ouvrir et d’essayer des sons différents, avance Roger. Je pense que le S-Man me ramène à beaucoup de ce que j’ai appris durant les quelques premières années de ma production les racines vraiment directes vers le club. Il s’agit ici de plonger dans les éléments de la profondeur, de rendre la musique de nouveau sexy, lui ajouter des éléments de hip-hop et, en deux mots, consacrer la musique. »

Toutefois, l’année 2014 ne s’est pas écoulée au complet sous le radar pour Sanchez. Il a également relancé son étiquette Stealth Recordings et publié son énorme tube Remember Me (sous Stealth) sous son vrai nom Roger Sanchez, qui a explosé sur la scène de la musique de danse comme étant Pete Tong’s Essential New Tune (« la nouvelle pièce essentielle de Pete Tong ») et a cassé les baraques jusqu’à devenir un succès radiophonique et de club mondial, ce qui a débouché sur des ententes avec Ministry Of Sound en Australie, Ego en Italie, We Play en Allemagne, Blanco Y Negro en Espagne, et au-delà.

Le succès ininterrompu de Roger Sanchez et de son alias S-Man tout au long de 2015 a entièrement pavé la voie en prévision du retour de Roger sous les feux en 2016. En refaisant équipe avec le personnel de Defected, Roger a touché terre en courant. En mars, il a uni ses efforts à ceux de son vieux copain Harry Romero, légende de la musique house en propre, afin de lancer Searchin’ sous étiquette Strictly Rhythm, une plage qui a laissé les têtes du monde de la musique house en quête de plus de matériel digne de Roger Sanchez, et celui-ci a répondu à l’appel. En avril 2016, il a lancé Strictly Roger Sanchez, une anthologie complète des meilleurs moments studio de Sanchez qui rassemble une sélection étendue de remixages et de réalisations englobant un grand nombre de ses divers sobriquets.

Comme si son anthologie époustouflante ne suffisait pas, il a continué dans le sillage de ce lancement avec une tournée de spectacles qui l’amèneront sur les planchers de danse aux coins reculés de la planète et lui permettront de retourner à son deuxième chez-lui, soit White Isle. À la suite d’importantes résidences à Ibiza depuis 2000, Roger a pris une pause éloignée de l’île en 2015 et y est retourné en pleine force cette année, en commençant par la Fiesta d’ouverture de Space et en poursuivant tout au long de l’été avec Creamfields Ibiza et des apparitions Glitterbox mensuelles à Space, ainsi que des spectacles aux clubs Pacha et Amnesia établis depuis longtemps. 2016 l’a également fait remonter sur les scènes de festival, car l’attendent de nombreux engagements dans le cadre de festivals d’été, de Londres à la Croatie en passant par les têtes d’affiche à la scène Downlow de New York au festival Glastonbury, iconique quoique humide.

Roger Sanchez fait continuellement évoluer sa verve et sa vivacité et pousse toujours les autres autour de lui tout comme lui-même pour aller plus loin et faire mieux. Sa passion pour son art propulse clairement sa mission de répandre la parole musicale aux régions les plus lointaines du genre humain et de leur faire attraper la piqûre de la danse. Pourtant, n’importe son immense influence et son succès dithyrambique dans l’univers de la musique de danse, l’homme reste humble, vrai et fidèle à ses racines. Le S-Man le résume en toute plénitude lorsqu’il déclare : « Je fonce toujours vers l’avant, mais ne perds jamais de vue là où je suis allé ou ce que j’ai traversé. »